- Schubert : L’énigme Schubert Le mal qui ne pouvait dire son nom*

 

Mes créations existent par la connaissance de la musique et par celle de ma douleur. Cette courte phrase identifie la raison d’être de Schubert et nous introduit dans son intimité. Dominé par la personnalité de Beethoven, il composa près de mille œuvres durant cette courte vie tourmentée par la souffrance et en contact avec la mort. Le musicien puisa son inspiration dans la richesse de sa sensibilité. Ce génie de la mélodie a traduit dans sa créativité les épreuves de son existence, confia à sa musique l’incantation de sa douleur et ses méditations sur la mort. Son jeune âge a été marqué par l’isolement de l’internat – sa prison – et la perte d’une mère séduisante. Cet être sans domicile fixe a cherché dans l’amitié un port d’attache à sa solitude existentielle. Il vécut aussi des années de misère. La majorité de ses œuvres restèrent ignorées et seuls ses lieder furent écoutés de son vivant ; ce fut bien après son départ que furent admirées l’originalité de ses compositions orchestrales et l’élégance de sa musique de chambre. L’humiliation d’une maladie honteuse et la meurtrissure d’un traitement éprouvant ont heurté sa sensibilité qui, dans sa révolte, s’est extériorisée par une inventivité aux accords recherchés, aux consonances harmonieuses, aux mélodies raffinées. En peu d’années, son génie atteignit la maîtrise du romantisme musical. Le sort hostile qui escorta son parcours le harcela jusqu’à son terme ; il subit les dommages d’une thérapeutique ravageuse qui le conduisit à la mort.

 

*L’énigme Schubert Le mal qui ne pouvait dire son nom. Lausanne L’Age d’Homme 2009


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