- Mozart : sa vie, sa mort, ses amours dans la musique*

 

L’enfant Mozart s’est révélé un surdoué très tôt ; sa sensibilité musicale s’est manifestée dès son tout jeune âge. Il fut un enfant prodige. Son père Leopold, musicien et enseignant, perçut les dons exceptionnels de son fils qu’il tenait pour miraculeux ; il se sentit le devoir de faire fructifier ce « génie que Dieu lui avait confié ».

Comme la plupart des êtres supérieurs, Mozart a été un homme de contradictions, incapable de s’adapter aux exigences de l’existence. Ses relations conflictuelles avec sa famille, sa ville natale, ses patrons ont occasionné des ruptures, suscité des revers, l’ont plongé dans la solitude. Les difficultés financières ont aussi embué son existence : à la fin de sa vie, Mozart n’a pas pu faire face à une dégradante condamnation pour dettes. Marqué par tant d’infortunes, l’homme a enduré l’humiliation du déshonneur.

Le musicien a été jeune confronté avec la mort. Au cours d’un séjour à Paris, il a dû assumer seul le décès de sa mère atteinte d’une fièvre typhoïde. Cette disparition a mûri sa réflexion, l’a rendu réceptif à l’éternité. Il a traduit cet événement frappant de sa vie dans des écrits mémorables. Quelques années plus tard, dans une lettre méditative à son père gravement malade, il a réaffirmé ainsi sa confiance dans l’au-delà : « La mort est le meilleur ami de l’homme et non pas une source de frayeur. »

Et de fait, durant ses derniers mois d’existence, on lui a commandé une messe des morts. Par prémonition, le compositeur se sait proche de son terme : il aborde l’ouvrage sans effroi et poursuit la création du Requiem en clamant qu’il l’écrit à sa propre intention. Il se retire et signe son départ par une œuvre aux résonnances immortelles. 

*L’autopsie de Mozart Abattu par le déshonneur. Lausanne L’Âge d’Homme, 2006.


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