- Sainte-Elisabeth de Thuringe : de Buda à Eisenach.

 

Le destin d’Erzsébet, fille du roi André II de Hongrie, née en 1207 est parmi les plus étonnants que l’on puisse évoquer de cette époque. Canonisée en 1235, soit quatre ans seulement après sa mort à l’âge de 24 ans, elle donnera son nom à quantité d’églises et de cathédrales, inspirera Wagner et Liszt et deviendra l’une des saintes patronnes de l’Ordre des Chevaliers teutoniques. Fiancée à quatre ans et mariée à quatorze à Louis, héritier du trône du landgraviat de Thuringe, elle vouera sa vie aux pauvres et aux malades dans des conditions et des circonstances particulièrement douloureuses et dramatiques. L’œuvre et les drames de sa (courte) vie auront pour « décor », Eisenach et le célèbre Wartburg. Un amour sincère l’unira à Louis IV de Thuringe à qui elle donnera un fils et 2 filles dont l’une se mariera avec le duc de Brabant. Rejetée par sa belle-famille après la mort de son mari alors qu’elle a à peine 20 ans, elle poursuivra sa « mission » quasi mystique jusqu’à ce qu’elle meurt d’épuisement et d’auto-privations sous une véritable tyrannie physique et morale exercée par son directeur de conscience. L’exemplarité de sa vie conduira l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen à assister, en 1236, au transfert de son corps à l’église qui porte son nom à Marburg en Hesse et qui deviendra rapidement un lieu de pèlerinage jusqu’à la Réforme. Le contexte historique, géographique et politique de la vie d’Elisabeth de Hongrie renforce l’intérêt que nous pouvons avoir pour son destin humain hors du commun.


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