- Difficultés de la vie quotidienne à Rome durant l’époque impériale

 

La splendeur de Rome, aux premiers siècles de notre ère, est indéniable : temples, forums, marchés, basiliques, théâtres, odéons, Colisée, portiques, parcs, mausolées, colonnes honorifiques…. sont les témoins, aujourd’hui encore, de la physionomie de la Rome impériale. Encore modérément habitée jusqu’au 2e s. av. J.-C., Rome connut un afflux important de population italique au 1er s. av. J.-C. et, un siècle plus tard, la population avait doublé mais avec elle le nombre d’assistés (près de 150.000). Au début du 2e s. ap. J.-C., on pouvait estimer la population à près de 1.200.000 personnes dont 1/5 recevait mensuellement et gratuitement le blé de l’Etat.

Toute cette population vivait à l’étroit sur une superficie estimée à 2.000 ha : les nombreux parcs et jardins, parfois mis à la disposition du public, réduisaient encore les zones d’habitation. A cela s’ajoute l’inexistence d’urbanisme car Rome, construite au long des siècles, n’eut jamais un réseau régulier de rues mais au contraire de nombreuses ruelles étroites, sinueuses et non pavées. La grande partie de la population romaine s’entassait dans des insulae (immeubles) de plusieurs étages, insalubres, obscures et surtout dangereuses (risques nombreux d’incendies, d’écroulement…).

Toute la journée, c’est une animation intense, une bousculade échevelée et un infernal vacarme qui animent les rues. La nuit, ce sont les bêtes de somme, les charretiers et leurs convois qui sillonnent les ruelles, condamnant les Romains à l’insomnie.

On comprend aisément que la vie quotidienne du Romain « moyen » était loin d’être facile. Les poètes comme Martial, Juvénal, Horace, Sénèque, Stace insistent sur les misères de la Ville dues surtout au grand nombre d’habitants. Au fil de leurs écrits, Rome laisse finalement une image contrastée : d’une part celle du paradis culturel perdu, d’autre part celle du vacarme ininterrompu. 


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